Par Cyr Yoba et Achille Salesh Ngoma
L’ouvrage qui a coûté 72 milliards de FCFA au budget de l’Etat congolais a besoin d’une attention particulière depuis quelques semaines, au vu de la démobilisation progressive des blocs de béton qui forment la bordure de trottoir garantissant non seulement la sécurité des piétons et délimitant physiquement la voie de trafic routier du trottoir ; mais protège aussi l’ouvrage contre les érosions.
Face à une saison pluvieuse qui perce dans la saison sèche, il est à craindre que le flot des eaux commence à ronger la charnière entre le pavé et le trottoir, élargissant les fissurations qui sont déjà perceptibles et faisant craindre le danger d’ici à la prochaine saison des pluies.
Inauguré en février 2016 dans le cadre de la mise en œuvre de la politique du président Denis Sassou Nguesso intitulée « Le chemin d’Avenir », la route de la Corniche de Brazzaville est essentiellement constituée d’un viaduc haubané de 560 m le long de la présidence de la République avec un viaduc d’accès à voussoirs précontraints de 360 m ; d’un prolongement de la route de la corniche à 2×2 voies sur 1,2 km et d’autres aménagements.
Cette rare attraction populaire et touristique a subi, il y a quelques années, des négligences remarquables qui ont occasionné l’infiltration des eaux de pluies et provoqué son effondrement en 2020, jetant le discrédit sur la qualité et la fiabilité des travaux effectués par la société chinoise China Road and Bridge Corporation (CRBC).
En 2023, des érosions ont été signalées aux alentours du même ouvrage, ajoutant une dose au danger que cela représentait déjà après l’effondrement de 2020.
En août 2024, un autre effondrement s’est produit ; achevant l’ouvrage qui a été vanté comme une prouesse architecturale unique en son genre.
Accotements et trottoirs se sont affaissés ; le bitume s’est fissuré, les lampadaires se sont retrouvés au sol dans ce quartier-vitrine de la capitale du Congo, qui abrite la présidence de la République. Les dégâts étaient visibles sur environ 500 mètres, entre le centre-ville et le pont à haubans du 15 Juin.
Avant que des milliards engloutis pour sa reconstruction ne soient une fois de plus convertis en perte, le gouvernement ferait bien de ‘’prendre le taureau par les cornes’’ pour réfléchir d’ores et déjà sur des solutions fiables et durables.
Images DR: 1-Désagrégation actuelle de la bordure de trottoir 2,3,4-Effondrement de l’ouvrage il y a quelques années

