La remise officielle des clés du siège de la FECOFOOT aux officiels de l’institution par le ministère des Sport, prévue pour le 24 mars, n’a pas eu lieu selon l’Agence Congolaise d’Information (ACI) qui rapporte que le deuxième vice-président de la Fédération congolaise de football (FECOFOOT), Karl Malalou, a décliné la responsabilité de les reprendre.
« Nous ne pouvons pas reprendre les clés dans les conditions actuelles tant que les procédures judiciaires ne sont pas respectées. Le manque d’ordonnance qui abolit celle qui a installé la Commission ad-hoc au siège de la FECOFOOT est la seule tâche qui fait défaut », a déclaré le deuxième vice-président de la Fédération qui a fait remarquer que l’ordonnance qui leur avait demandé de libérer le siège n’a pas été levée.
Face à la confusion inattendue, le directeur de cabinet du ministre des Sports, Charles Makaya, chargé de conclure le deal pour le compte du ministère, a simplement encouragé le Comité exécutif de la FECOFOOT de prendre langue avec le ministre. Mais, contre toute attente, des tractations en sourdine ont conduit à un compromis permettant aux huissiers des deux parties de travailler ensemble pour trouver une piste de sortie de cette crise.
« Il y a un procès-verbal qui sera dressé. Pour l’instant, les clés vont rester auprès des huissiers, en attendant que les procédures soient reportées au niveau des juridictions », a indiqué Charles Makaya.
Depuis plusieurs mois, la fédération Congolaise de football (FECOFOOT) et le ministère de tutelle sont en conflit ouvert pour la gestion et le contrôle de l’instance suprême du football congolais. Selon des sources proches de la Fédération, le ministère a abusé de son pouvoir en mettant en place une Commission ad ’hoc devant conduire les destinées du football congolais pendant que le Comité exécutif de la Fédération était mis entre parenthèses et chassé du siège.
Cette ingérence gouvernementale a rencontré le courroux de la Fédération internationale de football association (FIFA) qui, le 6 février dernier, a sévèrement sanctionné le Congo pour « pour violation des textes et ingérence de tierces parties dans les affaires de la Fédération. » Le pays a été disqualifié des compétitions FIFA et CAF, notamment la CAN U17 et les qualificatifs du Mondial 2026.
Pour la FIFA, le ministère des sports doit rendre à la FECOFOOT l’intégralité de ses infrastructures notamment son siège, le centre technique d’Ignié et toutes les autres installations ; renoncer à toute tentative de modification des signataires autorisés des comptes bancaires de la fédération et laisser la gestion financière entièrement rétablie en faveur des personnes reconnues par la FIFA et la CAF.
De plus, le gouvernement devrait invalider toute décision judiciaire ou administrative accordant à la commission ad’hoc un contrôle ou une autorité quelconque sur la FECOFOOT ; et enfin de coopérer pleinement pour permettre à la FECOFOOT de gérer ses affaires courantes sans subir d’influence.
Pour sa part, le ministre des Sport avait banalisé la sanction de la FIFA, suggérant qu’il fallait savoir reculer pour mieux sauter. « Nous devrons utiliser cette suspension comme une opportunité pour revenir sur de nouvelles bases », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse le 10 février avant de charger la fédération.
« Il ne s’agit pas seulement d’avoir une fédération mais celle-ci doit travailler et produire des résultats pour l’honneur du pays », avait souligné Hugues Ngouelondele.
Photo ACI/DR: 1-Intense échange entre le vice-président de la FECOFOOT, Karl Malalou et le directeur de cabinet du ministre des Sports, Charles Makaya 2- Le siège de la FECOFOOT

