Les jeunes de Tsinguidi dans le département du Niari (sud), étonnés par le massacre de l’environnement et le non-respect des clauses par la société chinoise Good Luck qui exploite de l’or dans leur village localité, ont exprimé leur colère dans une lettre ouverte de protestation adressée le 30 mars au sous-préfet du district de Mayoko.
La lettre dont des copies ont été remises à la police, la gendarmerie, la direction départementale des mines et à la préfecture; dénonce « les mauvaises pratiques, sinon le non-respect des accords conclus et bafoués par la société chinoise appelée Good Luck.»
Selon les populations de Tsinguidi, la compagnie qui exploite l’or local ne respecte pas ses engagements et sa présence n’apporte aucun bénéfice concret au village, malgré des promesses initiales d’offrir l’emploi aux jeune de Tsinguidi qui se plaignent d’être systématiquement exclus de l’entreprise.
« Entendu que les jeunes doivent se prendre en charge car à la fonction publique il n’y a plus de place et que la société chinoise est en train de ravager nuit et jour les zones où les jeunes se débrouillent pour survivre, nous prenons alors en ce jour la décision d’arrêter net les travaux d’exploitation d’or à la société Good Luck afin de nous garantir une autogestion durable », ont-il écrit.
Joint au téléphone par “Les Défis du Congo”, une source locale qui a requis l’anonymat a indiqué que le carburant du groupe électrogène qui alimente le village est la goutte d’eau qui a débordé le vase.
Selon cette source, à l’arrivée des Chinois dans le village, il y a 3 ans, ils avaient déposé leurs équipements à la rivière Bambonga et s’étaient lancés dans un saccage de l’environnement qui a conduit les populations à manifester en 2025, revendiquant la contribution de Good Luck au développement de leur village.
Pami les actions immediate figurait la dotation d’un groupe électrogène dont l’entretien et alimentation en fuel était à la charge de l’exploitant de l’or du village. Mais, quelques mois après la signature du “contrat social” la population a remarqué que les Chinois ne fournissent plus de carburant.
Interpellé, les responsables de l’entreprise Good Luck ont affirmé avoir versé l’argent du carburant a des individus sans dire à qui exactement. Mais, dans tout le village, personne ne reconnait avoir pris l’argent. Selon la majorité de la population, il y a un petit groupe qui prend des pots de vins auprès des Chinois.
Cette situation a mis le village sur le pied de guerre, alors même que de nombreux orpailleurs locaux se plaignent d’avoir été chassé par Good Luck d’une rivière ou ceux-ci se débrouillent pour nourrir leurs familles et garder la jeunesse au village.
Face à la confusion créée par cette situation, les populations projettent d’aller manifester au site de Good luck jusqu’à l’obtention du respect des clauses sociales et économiques par la société chinoise.
En Février dernier, ce sontdes populations du district de Souanké, dans le département de la Sangha, qui ont saisi un engin appartenant à une autre société chinoise. Selon le témoignage d’un des leurs publié sur les réseaux sociaux, les Chinois pillent les ressources minières, détruisent l’environnement, polluent les cours d’eau et n’apportent aucune contribution au développement de la communauté.
Photo DR: Un site exploité et abandonné illustrant la destruction de l’environnement par les exploitants de l’or au Congo

