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La Route Nationale 4 en piteux état, fait réfléchir le gouvernement

par Achille Salesh Ngoma
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Au terme d’une visite de terrain dans les départements de Pointe Noire et du Kouilou, le ministre de l’Assainissement urbain, du développement local et de l’entretien routier, Juste Désiré Mondélé est rentré à Brazzaville avec un “casse-tête chinois” pour le Premier ministre Anatole Collinet Makosso : l’état de délabrement de la Route Nationale 4 (Pointe Noire – Tchiamba Nzassi) qui nécessite la définition d’un nouveau modèle économique.    

Le ministre de l’Entretien routier qui espère repartir dans 3 mois à Pointe Noire, avec des solutions pour la revitalisation de cet axe d’à peine 30 km, a déploré l’état piteux de la route qui dispose pourtant d’un poste de péage et de pesage, dont les ressources collectées devaient profiter effectivement à l’infrastructure.

La dégradation avancée de la route devient un danger réel pour les usagers, estimés à plusieurs milliers de voyageurs et commerçants ; qui se déplacent chaque jour entre Pointe Noire, Tchiamba Nzassi et le Cabinda de l’autre côté de la frontière. A quelque 10 kilomètres du péage, par exemple, la route est complètement défoncée. Plus loin, des tronçons sont quasiment impraticables sur plusieurs kilomètres a cause de grand des trous, entre Fouta et pointe Noire.

Après avoir roulé sur une douzaine de kilomètres, lui-même au volant de son véhicule, M. Mondélé a eu l’impression de marcher sur « le Chemin du Calvaire. »

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« Le constat est amer, parce que la route est vraiment dégradée », a regretté le membre du gouvernement au sortir de cette expérience. « Nous ferons le point à Brazzaville avec les responsables du Fonds et de l’entretien routier, mais aussi avec la société concessionnaire en charge du péage et du pesage, parce qu’en réalité, sous d’autres cieux, ces types de sociétés ont l’obligation d’abonder un fonds consacré à l’entretien de la route », a-t-il assuré.

La désolation qu’inspire un tel constat a obligé le ministre à mettre en garde les gestionnaires de la route, contre une possible contestation des associations de consommateurs, si ces derniers ne constatent pas d’amélioration malgré les taxes qui leur sont prélevées.  « Il ne faudra pas qu’un jour les consommateurs organisés en association puissent demander aux usagers de ne pas payer alors que l’Etat a créé ces mécanismes pour avoir des moyens devant permettre l’entretien de la route », a-t-il déploré.

Des dos d’ânes, des trous béants, des bourbiers, sont le lot des transporteurs qui se plaignent des ennuis mécaniques onéreux après chaque ‘‘aller-retour’’ sur ce tronçon de la RN4 Pointe Noire-Cabinda, considérée par les Ponténégrins comme l’épine dorsale des échanges commerciaux entre le Congo et le Cabinda, via Pointe Noire.

« Cette route transfrontalière est essentielle pour le commerce et la mobilité des populations. Or nous constatons une dégradation préoccupante, malgré l’existence de mécanismes de péage et de pesage censés garantir son entretien. Nous devons revoir les responsabilités des différents acteurs, notamment celles du Fonds d’entretien routier et de la société concessionnaire », a déclaré Juste Désiré Mondélé à l’Agence congolaise de presse (ACI).

Selon des transporteurs et leurs clients, le trajet qui se parcourait en 30 voire 45 minutes exige désormais un minimum d’une heure lorsque les gendarmes et les policiers n’ont pas créé le retard dans les contrôles abusifs. Ils dénoncent aussi la qualité des travaux, insinuant que le terrassement, les bordures, le drainage et la structure de la chaussée ne seraient pas réalisés dans le respect des règles de l’art.

En effet, la construction d’un réseau routier de qualité implique des travaux exécutés suivant des règles approuvées et adaptées aux sols et au climat du pays. Ces derniers temps, au Congo, l’on constate que de nombreuses sociétés de Travaux Publics qui gagnent des marchés de l’Etat livrent des produits qui ne durent pas dans le temps, surtout lorsque l’entretien ne suit pas.

Le trafic de marchandises entre Pointe-Noire et Cabinda, largement dominé par le matériel de construction (61,4% en 2015) et les produits alimentaires (19%), représente le gros des échanges commerciaux entre le Congo et l’Angola. La RN4 joue un rôle important dans ces échanges, souligne une étude de la Banque Mondiale sur “La facilitation des échanges commerciaux entre le Congo et ses voisins” publiée  en Mai 2015.

Photos, Screenshoots: Des aspects de la détérioration de la Route Nationale 4, entre Pointe Noire et le village Fouta

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