Le premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso a suggéré et obtenu mercredi, la mise en place d’une commission technique interministérielle devant procéder à une relecture de la convention d’affermage entre le Congo et la société congolaise d’électricité (Socelec), filiale de la société sénégalaise d’électricité (Senelec), en présence de l’intersyndical de la société Energie électrique du Congo (E2C) et de quelques membres du gouvernement, lors d’une réunion d’urgence au cabinet du Premier ministre.
« Il va être mis en place une équipe qui relira les différentes conventions, qui apportera les aménagements nécessaires pouvant faire l’objet d’avenants et d’adaptations éventuelles pour permettre au gouvernement de prendre des décisions qu’il faut », a indiqué Anatole Collinet Makosso qui a assuré les syndicalistes que chaque partie devra proposer des cadres pour participer aux échanges et à la décision finale.
« Et si là-dedans, dans vos propositions, il y a d’autres modèles, on avisera », a poursuivi le chef du gouvernement.
Les responsables syndicaux d’E2C se sont dit « heureux de la démarche du premier ministre et rassurés de la suite des négociations », car c’était le vœu exprimé par ces derniers dans leur menace de grève brandie le 21 février dernier, à l’issue d’une assemblée générale qui a mobilisé à Brazzaville, les agents de toutes les directions départementales du pays.
Le sentiment de satisfaction était visible sur les visages de leaders syndicaux qui ont apprécié la conduite des débats par le premier ministre de 13h30 à 16h00. « Durant tout ce temps, il était là et a accordé la parole aux syndicalistes sans les interrompre. Les échanges ont été fructueux, » a indiqué un syndicaliste rassuré qui a aussitôt appelé « la base de continuer à faire ce qu’ils ont l’habitude de faire ; d’être présents à leurs postes, car leurs doléances ont été écoutées. »
Selon les syndicalistes, le point d’achoppement est la manière d’agir, unilatérale, du gouvernement qui a proposé un modèle auquel les agents ne souscrivent pas. Ils l’on systématiquement rejeté. Pour calmer la tension et accorder les violons le Premier ministre a invité ces derniers autour d’une table de négociations le 26 février.
En présence des ministres de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, Firmin Ayessa ; des Finances, du Budget et du Portefeuille public Christian Yoka et de l’Energie et de l’Hydraulique Emile Ouosso, qui ont accompagné Anatole Collinet Makosso ; les responsables des six centrales syndicales ont réitéré la dénonciation faite lors de leur assemblée générale et déploré leur exclusion du processus des réformes.
Le 21 février, l’intersyndical de la société E2C a organisé une assemblée générale dans l’enceinte de leur Direction pour déplorer, bouder puis rejeter le contrat de concession et d’affermage avec les Sénégalais, signée le 13 février à Brazzaville sans que les syndicalistes n’aient été mis au courant, selon leurs plaintes.
Cependant, invité au journal de Télé-Congo mardi le 25 février à 20h, le Directeur général d’E2C, Jean Bruno Adou Danga a lâché que la société Énergie électrique du Congo a officiellement cédé la distribution du courant en affermage à la Senelec, qui devra acheter l’énergie, la distribuer, et, en échange d’une redevance payée à l’État congolais, collectera sur les factures.
Il a précisé que la Socelec sera uniquement chargée de la distribution de l’électricité, pas la production ni de l’extension du réseau. Les coûts du produit restent une prérogative de l’État congolais qui maintiendra un tarif social, mais le personnel sera reversé au fermier tout en conservant les droits et avantages ainsi que l’ancienneté acquise antérieurement.
Une première évaluation des services de la Socelec sera faite au bout de deux ans, a promis Adou Danga.
Photo DR: 1-Le Premier ministre répondantr aux questions orales devant les Sénateurs 2,-3-Les agents d’E2C en assemblée générale

