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Le ministère des Industries minières et de la géologie somme les exploitants à réparer leurs dégâts environnementaux

par Achille Salesh Ngoma
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Les sociétés bénéficiaires des autorisations d’exploitation de mine à petite échelle sont désormais obligées de procéder à la réhabilitation des sites miniers en fin d’exploitation, indique une note circulaire du ministre d’Etat Pierre Oba, à l’intention des exploitants des petites mines.

La note, publiée le 22 octobre 2025, précise que la réhabilitation « implique la remise en état des terrains, la gestion des déchets et la re-végétation des zones affectées, conformément aux articles 132 et 136 du code minier. »

« Les sociétés doivent informer préalablement, trente jours avant, l’administration des mines de la date de fermeture d’un site en fin d’exploitation, afin que cette dernière puisse commettre une mission interministérielle d’inspection, » souligne la circulaire qui précise que les exploitants devraient indiquer les dates et motifs de fermeture des sites ainsi que leur plan de réhabilitation.

Cette décision du ministère des mines a été saluée par les populations des contrées dévastées par l’exploitation aurifère légale ou illégale. Cependant, elles estiment que la décision du ministre d’infliger de simples amendes conformément à l’article 175 du code minier est trop souple.

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Les permis doivent être simplement retirés et les entreprises interdites d’exercice au Congo, estiment les populations des zones concernées.

En effet, depuis quelques années, des exploitants d’or sont en train de détruire avec une rare dextérité ; hectare par hectare, l’environnement que le Congo s’est engagé à protéger dans le cadre de sa lutte contre le changement climatique.

Ces prédateurs coupent le bois, creusent le sol, empoisonnent les rivières au mépris des contrats avec l’Etat ; pour ceux qui en ont passé, sinon en toute illégalité pour d’autres qui réussissent à se soustraire de la vigilance des autorités

De Kellé dans le département de la Cuvette-Ouest, à Dimonika dans le Kouilou; en passant par Kimba dans le Djoué-Léfini et Moungoundou-Nord dans le Niari, il se passe chaque jour un pillage sans pitié des ressources naturelles qui condamne le pays à souffrir des tourments de la déforestation et de la pollution environnementale.

Dans nombre de ces chantiers, les populations notent la présence de clandestins pour la plupart, des étrangers Ouest-africains, Asiatiques ou originaires de la RDC qui réussissent le double exploit de vivre illégalement sur le territoire, et d’exploiter illégalement les ressources minières, l’or notamment.

Dans cette ruée vers le métal jaune, la nature, les animaux et les hommes sont en train de mourir à petit feu ; conséquence d’une déforestation inouïe et une utilisation abusive du cyanure, de l’acide, du zinc et du mercure dans la recherche et le traitement des pépites d’or.

Dans les pays de Mayoko qui englobent aussi Moungoundou-Nord et Mbinda, « tout le sous-sol est contaminé. L’eau est devenue impropre à la consommation à cause de la présence de l’arsenic. Les voies de pâturage sont obstruées par des sites de traitement de cyanure à ciel ouvert, a révélé le journal en ligne Les Echos du Congo-Brazza.

Selon un villageois interrogé par Les Echos, plus d’une dizaine d’animaux sont morts récemment après avoir consommé de l’eau contaminée au cyanure. « Même les sols cultivables sont remués. Du coup, les terrains sont dégradés et ça devient impropre à l’usage agricole », a soutenu cet habitant du village Lehala, impuissant comme tous les autres villageois qui avouent ‘‘jeter l’éponge’’ face aux orpailleurs dont l’arrogance signale une probable protection par de puissants sponsors.

Pour les Echos du Congo-Brazza qui cite des villageois, de Mayoko, Mbinda, et Moungoundou-Nord ; les orpailleurs étrangers mènent une coupe sans précédent des bois de tous les diamètres pour maintenir leurs rigoles et construire des hangars, Mais Le désastre ne s’arrête pas là.

L’utilisation de produits chimiques affecte déjà la rivière Louetsi dont les ressources halieutiques sont considérées comme première réserve alimentaire d’une population qui ne dépend que de la forêt et du sol pour sa survie.

En août 2025, lors d’une rencontre avec des partenaires économiques exerçant dans le département, la préfète du Niari a demandé aux sociétés chinoises de respecter les procédures et les normes. Cependant, la pratique sur le terrain se résume par la rage d’extraire coute-que-coute sous les regards corrompus ou complices des responsables administratifs.

Toujours en août 2025, le journaliste économique Alphonse Ndongo a publié sur Facebook une vidéo montrant des agents de la force publique engagés dans la poursuite d’une bande de ressortissants Ouest-africains. Ces derniers étaient accusés d’exploiter illégalement l’or des forêts de Kelle dans la Cuvette-Ouest.

Le document a exposé un saccage impitoyable de l’environnement, par des sujets étrangers qui n’avaient pas obtenu des autorisations d’exploitation préalables.

« Des agents de sécurité, assistés par un pisteur, ont mis au jour un site d’exploitation artisanale et clandestine de l’or, où des ressortissants étrangers œuvraient en complicité avec des Congolais. Des questions restent cependant sans réponse. Depuis combien de temps opèrent ces clandestins ? Bénéficient-ils de la complicité des élites de la contrée ? » s’interrogeait M. Ndongo.

En avril, après une alerte lancée par des députés, c’est le premier ministre Anatole Collinet Makosso ; lui-même, qui est allé constater la mise en coupe réglée de la réserve de la biosphère de Dimonika. L’exploitation forestière, l’extraction artisanale de l’or en toute clandestinité, le braconnage des espèces protégées sont le lot découvert par le chef du gouvernement.

C’est un défi majeur pour le gouvernement qui a l’obligation de désarmer les exploitants illégaux qui saccagent la forêt, polluent les rivières et l’environnement avec l’utilisation du mercure dans ces sites aurifères à la sauvette.

« Il y a des lois qui régissent l’exploitation des zones forestières, notamment le code forestier de 2020, la loi sur la protection de l’environnement, la loi d’orientation sur le développement durable de 2022. Nous demandons à tous les acteurs qui interviennent dans la gestion des écosystèmes de respecter ces textes », avait déclaré le premier ministre avant d’annoncer à la même occasion un audit d’impact environnemental.

« Nous apprécierons l’étendue de la dégradation et nous adapterons la réserve en fonction de la zone qui est encore intacte. L’on saura faire la distinction entre la zone intègre, la zone tampon et la zone en développement qui peut être mise à la disposition de la population pour ses activités de vie quotidienne », avait-il expliqué.

En attendant, les ‘‘kulunas environnementaux’’ continuent à creuser, à piller, à polluer et à s’enrichir sur le dos du Congo et de sa population.

A quelques jours de la COP30 de Belém, où la contribution du Congo est très attendue, les pouvoirs publics devraient s’efforcer de créer un climat de respect des objectifs principaux des Conférence des parties (COP). 

Photos DR: Quelques images insoutenables de la destruction de l’environnement par les exploitants d’or au Congo

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