Par Koumba Lévê et Salesh Achille Ngoma
La police congolaise, débordée par le phénomène des « Bébés noirs », appelle à l’implication des parents pour lui prêter main forte dans la lutte contre le phénomène du grand banditisme qui sévit dans les grandes villes du Congo. C’est l’idée géniale du patron de la police nationale, le général André fils Obami-Itou qui est descendu dans le quartier à la rencontre des familles notamment dans l’arrondissement 9, Djiri, considéré comme première étape d’une sensibilisation qui pourrait toucher toutes les grandes villes du pays.
Le 9e arrondissement a été choisi pour lancer cet appel aux parents et aux auxiliaires de commandement en raison d’un affrontement meurtrier qui a opposé des bandes rivales dans le quartier Domaine.
Deux garnements ont trouvé la mort dans des règlements de compte qui ont créé un climat d’insécurité dans le quartier et ses environs.
Pour tenter de rassurer les paisibles citoyens en proie à une profonde peur, le commandant des forces de police, le général Obami Itou est allé sur le terrain en compagnie d’un important nombre de ses collaborateurs afin de solliciter l’implication des familles et des chefs de quartiers et de zones.
« La police seule ne peut pas venir à bout de ce fléau. Les bébés noirs constituent un phénomène qui ne peut être résolu uniquement par les forces de l’ordre ; c’est pourquoi nous sollicitons l’implication de tous, » a indiqué commandant de la sécurité publique, le colonel-major Gabin Romuald Simplice Ngoyela, présent dans la délégation du DGPN.
Selon l’officier supérieur, les familles doivent véritablement s’impliquer car ces jeunes délinquants sont connus. « Ils appartiennent à des foyers et parfois même protégés par leurs proches ; cette complicité rend la lutte plus difficile », a-t-il souligné.
Les autorités policières ont reconnu que le phénomène de bébés noirs et autres kulunas est un défi majeur qui nécessite l’implication de tous.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux congolais n’ont pas économisé leur colère et ont même proposé des solutions au commandement de la police.
Selon Steven Maclaren, « c’est du spectacle pour distraire les gens. Le phénomène kuluna est une invention du gouvernement pour maintenir la peur dans le pays. S’ils voulaient régler le problème, ils l’auraient réglé depuis bien longtemps. La police corrompue est complice en partie. Et si la police demande de l’aide à la population pour ce problème c’est que la police est véritablement incompétente. »
La police congolaise, souvent accusée, à tort ou à raison ; d’être en complicité avec des groupes de bandits a du pain planche et voudrait cette fois-ci frapper au cœur du fléau. La contribution des populations, notamment dans la dénonciation des criminels, pourrait aider à libérer les quartiers, mètre carré par mètre carré.
Cette collaboration pourrait éviter à la force publique de confondre des jeunes innocents qui se retrouvent souvent au mauvais endroit à la mauvaise heure ; payant les pots cassés par les réels ‘‘Bébés noirs’’ et ‘‘Kulunas’’.
Images DR/Troubadour: La descente du DGPN dans l’arrondissement 9, Djiri

