Des diplômés de 12 promotions (2012-2023) de l’École nationale moyenne d’administration (Enma) ont déclaré, cette semaine à Brazzaville, leur ras-le-bol face à la brimade dont ils se disent victimes au sujets des intégrations à la Fonction publique, où leur quota est passé de 20 à 3 places sur les 90 réservées et initialement allouées.
Selon des sources estudiantines, ces diplomés de l’Enma forment un contingent de plus de 4000 anciens étudiants, qui attendant toujours d’être intégres, et qui dénoncent « un mode de recrutement non conforme a la loi.»
Devant cette réalité, que les diplômés jugent inadmissible, leur collectif menace d’intenter des actions en justice et d’organiser des sit-ins si leur quota initial n’est pas rétabli, rapporte l’Agence congolaise d’information (ACI).
« Nous rejetons fermement l’implication d’autorités additionnelles dans la gestion du quota de l’école », a déclaré le porte-parole des diplômés, Rhinel Rosny Akia qui dénonce en même temps l’intervention de la Commission d’indépendance et de démocratie (Cid), alors que le seul interlocuteur reconnu est le directeur de l’école.
Qualifiant de traîtres leurs collègues qui ont été sélectionnés, les finalistes de l’Enma ont également contesté le critère d’âge qui s’est glissé dans le processus, en contradiction de la volonté du président de la République qui a déclaré 2024 «année de la jeunesse .»
Ce n’est pas la première fois qu’un collectif des finalistes de l’Enma hausse le ton au sujet de l’intégration à la Fonction publique. En Janvier 2022, un autre collectif mené par Iglesias regrettait le taux de chômage galopant qui frappaient dix promotions.
«Très souvent, les noms insérés lors des recrutements ne sont pas ceux des finalistes diplômés, à la place, ils inscrivent, ceux de leurs parents qui parfois sont aux villages. Nous déplorons ce genre de pratique », se lamentait en janvier 2022 Phare Holande Mbouta une finaliste diplômée.
Trois ans avant, en Janvier 2019, ces diplômés ont manifesté devant les bureaux du vice-Premier ministre, chargé de la Fonction publique, pour solliciter leur intégration; juste un an après avoir organisé un sit-in dans l’enceinte de l’école en octobre 2018, pour les mêmes raisons.
l’Enma est une école étatique dont la mission est de former des cadres pour les différentes administrations du pays, et qui devraient normalement intégrer la fonction publique selon les dispositions de L’article 102 de la loi n° 021/89 du 14 novembre 1989.
Cette loi stipule que tout congolais ayant satisfait au concours direct est automatiquement intégré à la fonction publique après avoir subi une formation et satisfait à l’examen de sortie.
Photo ACI/Adiac: Le porte-parole des diplômés, Rhinel Rosny Akia et ses consdisciples 2- Sit-In au sein de l’Enma en 2018

