Le Premier Secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), Pascal Tsaty Mabiala a animé mardi une conférence de presse au siège de son parti sis au quartier Diata, dans le premier arrondissement de Brazzaville, pour déconstruire « les dérives désobligeantes de certains acteurs politiques congolais » réunis dans une frange de l’opposition, dont le président du parti social-démocrate congolais (PSDC), Clément Miérassa.
Copieusement égratigné il y a quelques semaines, par le président du PSDC sur son ancrage putatif ou réel à l’opposition et sur son statut de chef de l’opposition lors de la sortie officielle de la plate-forme « Les forces nouvelles du changement », le Premier Secrétaire de l’Upads a promis une « riposte ». Sa conférence de presse en était l’occasion tout indiquée.
« Le chef de l’opposition politique est le premier responsable du parti de l’opposition ayant obtenu le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée nationale après le parti ou regroupement politique de la majorité », a d’entrée de jeu expliqué Pascal Tsaty Mabiala précisant qu’en cas d’égalité entre deux partis de l’opposition, « le chef de l’opposition politique est le premier responsable du parti ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés de leurs élus, à l’issue des dernières législatives dont le mandat court jusqu’en 2027. »
D’ailleurs, rappelle-t-il, le statut de chef de l’opposition est consacré par la Constitution du 25 octobre 2015, en son article 63.
Celui-ci dispose que « l’opposition politique est reconnue en République du Congo. Elle ne peut subir des limites, quant à son existence et à ses activités démocratiques, que celles imposées à tous les partis politiques par la présente constitution et la loi. La loi détermine le statut de l’opposition politique, » a-t-il cité.
Cependant, cette législation qui encadre le statut de Chef de l’opposition politique est quasiment muette sur la nature du texte qui désigne nommément celui-ci. Pour cela, le gouvernement a eu recours au parlement pour qu’il lui soit désigné à quel parti politique revenait le mérite.
Par décision N°009/AN/B/PS du 29 mars 2018, l’UPADS et son premier responsable ont été désignés. Pascal Tsaty Mabiala ne comprend donc pas le bien-fondé des « arguties qui consistent aujourd’hui à contester notre appartenance à l’opposition qu’il incarne effectivement et réellement avec constance depuis 1997. »
Sur la notion de « solidarité gouvernementale » dont M. Miérassa accable l’UPADS, le premier Secrétaire du parti fondé en 1992 par le professeur Pascal Lissouba s’est voulu clair en précisant que « la solidarité à laquelle est astreint un cadre de l’opposition qui entre au Gouvernement pour servir la République ne s’étend pas à son parti politique, » avant d’ajouter que « la doctrine en la matière pour l’UPADS est l’examen au cas par cas des dossiers ou des situations en débat dans le pays. »
En clair, même si le député Honoré Sayi est membre du gouvernement, la responsabilité de solidarité gouvernementale ne s’impose pas au parti mais à sa seule personne et, pour cela d’ailleurs, « l’Upads lui a apporté son soutien, » a indiqué Pascal Tsaty Mabiala tout en insistant sur le fait que ce n’est pas une marque de solidarité.
Cependant, Pascal Tsaty Mabiala a rappelé que « le député Honoré Sayi a été sanctionné par l’UPADS lors de son entrée au gouvernement. Mais sa sanction ayant été levée, il est libre de ses activités. »
Par ailleurs, le Premier Secrétaire a attiré l’attention des communicateurs et des membres et sympathisants de l’UPADS venus nombreux prendre part à cette conférence de presse qu’« être opposant ne signifie pas être l’ennemi de ceux qui sont au pouvoir ; ce sont des compatriotes avec qui on doit parler au-delà des divergences des vues. »
Ceux, parmi eux, venus avec l’intention d’assister au vitriol sont repartis insatisfaits. Malgré sa mine sévère, le leader de l’UPADS a évité les envolées oratoires qui créent et nourrissent les inimitiés.
Le 14 avril dernier, à la création des « Forces Nouvelles du changement, Clément Miérassa a appelé au « rassemblement de la vraie opposition » ; qualifiant ceux ceux qui ne se sont pas alignés avec eux de faux opposants. Il était entouré de Jean-Jacques Serge Yhomby-Opango, Chris Walembaud et Joseph Kignoumbi Kia Mboungou.
Photos LDC: Ambiance lors de la conference de presse de Pascal Tsaty Mabiala

