Le magasin chinois, Sino-Mart, du quartier Elig-Edzoa à Yaoundé, a été pris d’assaut mardi le 5 mars par de nombreux citoyens camerounais qui ont dénoncé la bastonnade administrée deux jours plus tôt à un employé de cet établissement par l’agent de sécurité aux ordres du patron chinois.
Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre un homme muni d’une longue chicote en train de fouetter impitoyablement une personne couchée au sol, torse nu.
Samedi dernier, Yan Min, un Chinois de 29 ans, son interprète de nationalité tchadienne, Lizina Taraima et Michael Nguimetsia, un militaire détaché pour la sécurité des lieux ont organisé le passage à tabac de Arnaud Patience Ombe Boya accusé de vol par ses employeurs. Le militaire camerounais, fouet en main, était chargé de la basse besogne sur son compatriote Ombe Boya qui s’en est tiré avec le dos ecchymotique et endolori.
Ces faits ne sont pas nouveaux. C’est une habitude des opérateurs économiques chinois basés au Cameroun, se plaignent de nombreux internautes qui justifient leur montée de tension contre les commerçants chinois dans les grandes villes du pays.
Lundi, le ministre du travail et de la sécurité sociale, Grégoire Owona, est descendu sur le terrain pour comprendre les tenants et les aboutissants de cet acte de violence inouïe, avant de faire interpeller les complices désormais détenus pour “complicité de torture.”
M. Owona a dénoncé «des agissements d’une gravité inacceptables qui constituent une violation flagrante des droits fondamentaux du travailleur, notamment de sa dignité ainsi que de son intégrité physique et morale. »
Pour la population camerounaise, c’est une exaction de plus, qu’elle refuse de tolérer. De nombreux témoignages et réactions sur les réseaux sociaux, font état du recours régulier à des méthodes de travail racistes et esclavagistes par le patronat chinois, notamment dans les exploitations forestières , les exploitations aurifères et le commerce général.
« Comme les faits sont établis, on ne doit plus permettre à ces trois chinois interpellés de faire du commerce au Cameroun. Ils doivent être expulsés sans délai, au mieux, et le magasin fermé. On ne va pas tolérer ce genre de comportement », a réagi Patrick Ngounou sur le réseau social Thread.
Sur le même réseau, le camerounais N’zui Manto, a publié de récentes vidéos de la torture d’un autre citoyen camerounais au centre commercial chinois China UMI du quartier Yassa à Douala. Ici, le tortionnaire serait un Tchadien bien musclé qui se sert d’une ceinture comme fouet sur un adolescent déshabillé. Quelques heures plus tard, le centre commercial China UMI a été fermé pour des besoins d’enquête, a-t-on appris de la même source.
«Pendant que les camerounais se livrent à des guerres communautaires, des étrangers venus d’ailleurs les esclavagisent et les fouettent dans leur propre pays», a regretté N’zui Manto qui appelle ses compatriotes à une prise de conscience.
Ces actes de maltraitances d’employés locaux ne sont pas le lot des Camerounais seuls. Les Congolais des deux rives, les Gabonais, et d’autres Africains subissent aussi ces traitements dégradants de la part des employeurs étrangers, surtout les Chinois, les Libanais et les Indiens.
Selon des personnes qui ont travaillé avec ces employeurs, les salaires minables et les conditions de travail précaires, stressantes, toxiques et pénibles sont les principaux points de discorde entre employeurs et employés.
Photo DR: Des Camerounais se sont rassemblés devant le magasin qui a abrité des actes de torture sur leur compatriote

