À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale du théâtre, l’Institut Français du Congo (IFC) a accueilli le 27 mars la restitution de ‘‘Lofomboli, l’oiseau aux pouvoirs magiques,’’ une œuvre de Chrysogone Diangouaya ; un spectacle qui met en avant la richesse des traditions africaines, promeut les arts de la scène et rappelle au monde l’importance du théâtre et son potentiel non réalisé.
Portée par huit comédiennes d’exception, la représentation de ‘‘Lofomboli’’ a émerveillé les spectateurs par l’ingéniosité et la prouesse des interprètes. Dans un tourbillon de rôles multiples, elles ont incarné avec brio divers personnages, passant d’un rôle à l’autre avec une aisance remarquable.
Le talent scénique des artistes a été renforcé par leur maîtrise des instruments de musique traditionnelle, notamment le tambour, dont les rythmes envoûtants ont accompagné chaque scène avec une intensité saisissante que la transe s’est même emparée de quelques spectateurs dont l’intimité avec l’art est irréductible.
« Le conte est né de plusieurs contes, donc le titre de Lofomboli, c’est le nom d’un oiseau qui existe à Kinshasa. Quand j’animais des ateliers en 92, j’entendais cette chanson-là et ça m’a beaucoup inspiré. Au Congo, j’ai eu un grand frère, Kounkou, qui nous chantait aussi des chansons qui m’ont inspiré, et il ne savait pas que cette chanson, je devrais en faire un spectacle », a confié Chrysogone Diangouaya.
Drapées dans des pagnes colorés, ces artistes ont magnifiquement représenté le mois de la femme, rappelant avec force la place essentielle des femmes dans les arts et la culture. Par leurs performances, elles ont insufflé une énergie exceptionnelle au spectacle, captivant l’audience par la beauté de leurs chants et la puissance de leur jeu théâtral.
Lofomboli est un émouvant hommage à la femme, une célébration des récits traditionnels d’une œuvre qui puise son essence dans les contes et chants africains ; que l’auteur a enrichi avec d’autres récits glanés au fil de ses voyages à travers le monde.
« Quand je suis arrivé en Inde, on m’a raconté l’histoire d’un oiseau, pareil au Mozambique. Alors j’ai fait une compilation, j’ai réécrit l’histoire à ma manière pour créer ce spectacle. La première fois que je l’ai joué, j’étais seul sur scène. J’en ai fait une cinquantaine de représentations, à Paris, à Toronto et ailleurs. C’est toujours la même histoire, mais le public n’est pas le même, donc je m’adapte », a expliqué l’artiste.
Cette mise en scène audacieuse et immersive a permis de souligner l’importance du théâtre comme moyen d’expression et de transmission des valeurs culturelles. En mêlant contes traditionnels, musique et danse ; ‘‘l’Oiseau aux pouvoirs magiques” a non seulement célébré le théâtre, mais aussi rendu hommage aux traditions orales africaines.
« Si les filles vont jouer à Kinshasa, vous allez voir que j’utiliserai des expressions adaptées au public de Kinshasa. Mon but n’était pas seulement de faire le spectacle, mais de faire comprendre à tout public l’histoire », a souligné Diangouaya.
Le public, conquis, a salué par des ovations l’exceptionnelle prestation des comédiennes, témoignant ainsi de l’impact profond de ce spectacle. L’événement a une fois de plus prouvé que le théâtre demeure un puissant vecteur d’émotions et un outil essentiel de sensibilisation et de préservation du patrimoine culturel.
« Si vous avez remarqué que le public participait, c’est comme si on avait répété ensemble. C’est parce qu’on se dit que c’est un spectacle vivant, donc il faut intéresser tout le monde. D’abord, le spectacle est long, et si on ne fait pas ça, le public va s’endormir. C’est un peu ça », a justifié une des comédiennes qui craignait la lassitude du public.
Depuis sa création en 1962 par l’Institut International du Théâtre, la Journée mondiale du théâtre vise à encourager les échanges internationaux dans le domaine des arts de la scène, à stimuler la création, et à promouvoir la compréhension entre les peuples à travers le théâtre.
L’IFC, en accueillant cette restitution, a offert un espace d’expression unique aux artistes, confirmant ainsi son engagement à promouvoir les arts de la scène et à mettre en valeur le talent local. Une célébration magistrale de la Journée mondiale du théâtre qui restera gravée dans les mémoires.
Photos Sherys P/LDC: Chrysogone Diangouaya et ses artistes pendant la représentation

