La rivière Bakouhoudou, à Tsinguidi dans district de Mayoko et la forêt qu’elle serpente sont dangereusement menacées par l’exploitation aurifère qui y est conduite par des opérateurs Chinois, a rapporté le magazine ‘‘Les Echos du Congo Brazzaville’’ le mardi 18 aout.
Selon le magazine qui a publié une image d’archives du saccage environnemental, le patrimoine forestier national est livré à une pression inquiétante face aux intérêts économiques privés nuisibles à la végétation et à la rivière d’où la population trouve sa pitance.
La source est revenue à la charge mercredi le 18 août en publiant une vidéo amateur de plus de six minutes, aussi disponibles sur les réseaux sociaux, dans laquelle un citoyen montre, en les déplorant, les méthodes de travail d’une société chinoise légalement installée dans le périmètre mais dont l’action ressemble à une mission d’extermination de l’environnement.
La vidéo, sans trucages, montre un long couloir de terre retournée comme si le sol a été simplement éventrée ; des arbres de tous diamètres couchés par dizaines telle dans une hécatombe ; des marres d’eau boueuse et des engins excavateurs en train de piocher avec véhémence. Objectif, trouver des pépites du métal précieux à tout coup de pelle.
Ce citoyen a dû parcourir des kilomètres en voiture avant de se retrouver au cœur de cette forêt. Après quelques minutes de marche, il est arrivé au bout de la piste qui longe la forêt massacrée. Il découvre de nombreux hectares de terre à ciel ouvert et des engins en train d’excaver la ‘‘manne du sous-sol’’.
« Ça ne profite qu’à une poignée de gens. Je n’ai pas les mots pour vous montrer l’extrême gravité de la chose, regardez vous-même les faits. Ils sont là », conclu l’individu non autrement identifié, qui a filmé sans être inquiété par les responsables de ce chantier.
Pour les populations locales, la question n’est pas celle de l’exploitation de l’or ; qui est d’ailleurs légale, mais celle de la survie de la biodiversité et des villageois qui dépendent de la forêt et de la rivière.
Cette exploitation légale, mais sauvage, a déjà fait l’objet d’un conflit entre les jeunes de Tsinguidi et les Chinois de la société Good Luck qui a une très bonne chance de se retrouver dans la riche forêt du Chaillu.
En mars dernier, des jeunes locaux ont exprimé leur colère contre les Chinois, dans une lettre ouverte de protestation adressée au sous-préfet de Mayoko. Dans ce coup de gueule, la population de Tsinguidi à travers sa jeunesse dénonçait « des mauvaises pratiques de la société Good Luck », parmi lesquelles le saccage des forêts et la pollution des rivières.
Autant cette population voudrait respecter la légalité de l’action des exploitants étrangers dans, autant elle aimerait voir les mêmes exploitants se soumettre aux normes environnementales en vigueur au Congo. Elle affirme ne pas se lever contre une exploitation minière autorisée par le gouvernement, mais dénonce les méthodes écocides pratiquées car « l’exploitation de l’or ne doit pas devenir un permis de détruire l’écosystème. »
La situation qui prévaut dans le district de Mayoko interpelle les responsables administratifs à tous les niveaux pour une évaluation du désastre et ses conséquences sur les populations ainsi le préjudice contre l’Etat congolais dont la confiance semble être abusée par les bénéficiaires des permis d’exploitation de l’or.
Photo Screenshot: Des engins excavateurs en activité sur le site de Bakouhoudou

