Le célèbre musicien Congolais des années soixante-dix à quatre-vingt-dix, Pierre Moutouari est décédé mercredi, le 8 octobre à l’âge de 75 ans près de Paris, en France, alors que les mélomanes continuaient de découvrir sa discographie édifiante.
Né dans une famille d’artistes-musiciens, Pierre Moutouari était le frère de Côme Kosmos et de Michel ; lui-même père de Michaëlle qui, en 1982 a émerveillé le paysage musical congolais avec sa chanson « Jalousie » diffusée pour la première fois dans l’émission « Vidéo 45 » de feu Charlie Noël, sur les antennes de la télévision nationale du Congo
Tombé malade au milieu des années 2000, après la sortie de son dernier album « Songa Nzila », Pierre Moutouari décide de s’installer en région parisienne pour suivre des soins médicaux de qualité, mais effectue tout de même des allées et venues entre la France et le Congo pour superviser un investissement à Pointe Noire.
Le père de Michaëlle, Chimène, et Pitchou a débuté sa carrière en 1968 dans l’orchestre Sinza Kotoko, à l’âge de 18 ans, après avoir remporté le premier prix d’un concours de chant du ministère de la Culture et des Arts du Congo.
En 1973, son orchestre devenu célèbre a décroché la médaille d’or au Festival panafricain de Tunis grâce à des morceaux tels que « Mahoungou », « Vévé » ou « Ma Loukoula ».
En 1975, Pierre Moutouari se désolidarise de Sinza pour créer Les Sossa, avant de tout abandonner pour s’installer à Paris en 1979.
Là-bas, il ne chôme pas longtemps et se voit déjà collaborer avec feu Jacob Desvarieux, Master Mouana Congo et Sammy Massamba. Il lance sur le marché plusieurs albums au cours des années qui ont suivi ; parmi lesquels “Le grand retour de Pierre Moutouari”’ avec les titres “Tout bouge”, “Tremblement de terre” mais aussi d’autres tubes à succès comme “Aïssa”, “Saïlé”, “Mbekani”, et “Koundou” qui ont « fait rage » sur la scène musicale nationale mais aussi dans la sous-région et au Zaïre (actuelle RDC).
Mais le plus grand succès de sa fulgurante carrière est marquée par le sortie, en 1981, des titres tels que « Missengué », « Julienne », « Mahoungou », etc., réalisés avec le concours de quelques artistes congolais installés en France.
En 1986, Pierre Moutouari rentre au bercail et se consacre à l’encadrement des jeunes artistes, dont sa fille aînée Michaëlle, dans l’album “Héritage”. En 1994, il décroche le trophée “Ngoma Africa” à Kinshasa, en compagnie d’autres artistes comme Miriam Makeba, Khaled et Aïcha Koné.
Photos Adiac (archives): Pierre Mountouari

