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Le dossier E2C électrise l’Assemblée, le député Ibovi disjoncte : « c’est mal barré !» s’exclame le président Mvouba

par les défis du congo
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( Par Cyr Yoba et Achille Salesh Ngoma )

« On suspend tout ! » a ordonné le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, sous les ovations soutenues des représentants du peuple qui ont vécu une matinée électrique à l’hémicycle, alors que des députés décidaient de soutenir la position des syndicalistes dans le dossier d’affermage entre Énergie électrique du Congo (E2C) et Socelec/Senelec.

Au cours des questions au gouvernement, l’honorable Jean Claude Ibovi, survolté, a disjoncté dans une tirade directe contre le ministre de l’Energie, Emile Ouosso que les syndicalistes présentent malicieusement comme le responsable numéro 1 du bradage d’un outil de souveraineté nationale, malgré les explications claires du Premier ministre pour dédouaner le membre de son gouvernement.  

« Mais lui qui a signé, il était directeur général de la SNE [société nationale d’électricité, ndlr] ! Pourquoi à ce moment-là il n’a pas vendu la SNE [devenue E2C en 2018, ndlr] ? », a asséné le député de la circonscription électorale de Talangaï 2 dans un accès d’énervement qui a fait réagir le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, forcé à faire baisser la tension : « le ministre concerné répondra. »

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L’honorable Jean Claude Ibovi, qui ne cache pas son aversion pour contrat, a déclaré; avec la verve qui lui est reconnue; que les signataires de cet accord d’affermage et de concession voudraient nuire au président de la République Denis Sassou Nguesso.

« Ce qui se passe aujourd’hui au niveau de la SNE est contre le président. Il faut qu’on en parle ! La situation est très grave, » a-t-il tonné pendant que le président de la Chambre essayait de le calmer et de lui faire comprendre qu’il s’agissait encore et simplement des questions d’actualité.

« Si on liquide les barrages qui ont été construits par l’Etat au profit de la société ; à combien les acheteurs vont vendre à la SNE l’électricité ? Jusqu’ici, la SNE en vend à 48 F [49,08 FCFA/KWh, ndlr]. Il s’avère que la société qui va prendre va vendre à 130 FCFA. Quel est le congolais qui pourra payer le prix du Mégawatt [KWh, ndlr] à 138 FCFA ? », s’est indigné le député de Talangaï qui n’a pas lâché la parole comme le suggérait le président Mvouba.

Dépassé par la situation et sur un ton grave, l’honorable Ibovi a demandé au président de l’Assemblée nationale qu’on puisse ‘‘rompre la paille’’ car cette affaire peut électriser tout le pays. D’ailleurs, le premier ministre, Anatole Collinet Makosso a reconnu devant les Sénateurs que si le peuple n’est pas d’accord, il sera mis fin à ce contrat.

Or, le peuple c’est l’Assemblée, son émanation. Le cri de cœur du député Ibovi a-t-il rallié la majorité des députés ? Les applaudissements et les hourras qui fusaient de tous les coins de l’hémicycle sont un indice.  

« Monsieur le président, arrêtons ! La situation est grave ! Sauf s’ils ont des agendas cachés ! », a-t-il plaidé avec insistance avant de changer de registre pour féliciter la démarche du premier ministre qui a consisté à écouter les différentes parties, notamment  les syndicats et les membres du gouvernement, avant de mettre en place la commission interministérielle qui travaille à accorder les violons. 

« Le Monsieur qui a racheté E2C a pris 40 milliards de FCFA ici, au Congo, à la BSCA [Banque sino-congolaise pour l’Afrique, ndlr] ; il n’a rien apporté. C’est une question de souveraineté, » a matraqué le député dans une salle acquise à son argumentation.

« On ne doit pas se cacher derrière notre petit doigt. L’énergie est une question d’importance », a enchaîné à son tour l’honorable Isidore Mvouba tout en rappelant à l’audience des mots l’ancien homme d’Etat Soviétique, Vladimir Lénine qui disait que « le pouvoir des soviets ne pouvait prospérer que par l’électrification de toute la Russie », pour montrer l’importance de l’électricité dans la vie quotidienne des Congolais.   

Se montrant très prudent et sûrement solidaire des syndicalistes, dans le souci de préserver la cohésion sociale, le président de la Chambre basse du parlement a clairement signifié qu’une démarche est engagée et qu’il fallait la laisser suivre son cours.

« Dans une année, nous allons affronter une élection majeure et je n’aimerais pas qu’au cours de cette année, qui précède et celle qui suit, qu’il y ait des remous dans le pays. Le processus engagé doit se faire sans remous. Malgré tout je constate que c’est mal parti ; c’est mal barré comme on dit », a expliqué M. Mvouba qui s’est félicité malgré tout d’une légère amélioration de la situation, évoquant la mise en place d’un comité technique chargé de clarifier les choses pour toutes les parties.

Dans l’opinion congolaise, de nombreuses questions taraudent les esprits quant à la vitesse d’exécution de ce dossier. « Qui tire les ficelles dans cette affaire ? » se demandent les citoyens et les agents qui craignent de perdre l’emploi, malgré les assurances données mardi dernier par le directeur général de E2C, Jean Bruno Adou Danga au journal télévisé de 20h sur Télé Congo.

Invité sur le plateau de la télévision nationale un jour avant la table ronde gouvernement-syndicats de mercredi, M. Adou Danga a déclaré que la société Énergie électrique du Congo a officiellement cédé la distribution du courant en affermage à la Senelec, qui devra acheter l’énergie, la distribuer, et, en échange d’une redevance payée à l’État congolais, collectera sur les factures.

Il a précisé que la Socelec sera uniquement chargée de la distribution de l’électricité, pas la production ni de l’extension du réseau. Les coûts du produit restent une prérogative de l’État congolais qui maintiendra un tarif social, mais le personnel sera reversé au fermier tout en conservant les droits et avantages ainsi que l’ancienneté acquise antérieurement.   

Les révélations faites par l’honorable Ibovi, jeudi à l’hémicycle, notamment sur le prix de vente du KWh d’électricité, démentent catégoriquement cette assertion du directeur général.

A la vérité, il y a beaucoup d’électricité dans l’air. Tous les regards sont désormais tournés en direction de la commission technique interministérielle devant procéder à une relecture de la convention d’affermage entre le Congo et la société congolaise d’électricité (Socelec) dont les conclusions pourront électrocuter à la base ou au sommet de E2C.

Photos DR: 1-Le président de l’Assemblée Isidore Mvouba 2-L’honorable Jean Claude Ibovi 3-Le ministre Emile Ouesso 4-Des agents de E2C

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