Par Cyr Yoba et Achille Saslesh Ngoma
La porosité des frontières seraient-elles à l’origine de la prolifération de bandits et de trafics de toutes sortes sur le territoire Congolais ? La réponse peut être trouvée dans la similitude transfrontalière de certains crimes et la nationalité des délinquants qui traversent les frontières comme une lettre à la poste.
En février dernier, par exemple, les autorités locales de la ville Camerounaise de Bafoussam, dans la région de l’Ouest ont démantelé un vaste réseau de cyber-arnaque et interpellé sept bandits liés à une opération de vente des produits cosmétiques et médicaux dénommés ‘’Bio-dis’’ et ‘’Trident’’, supposés de fabrication américaine et anglaise.
Quelque 100 jeunes personnes âgées entre 18 et 22 ans issues des régions anglophones du Cameroun avaient été interpellées dans une maison de fortune, de laquelle elles étaient enrôlées par les chefs du gang.
Selon le gouverneur de la région de l’Ouest, Augustine Awa Fonka, l’information avait circulé, selon laquelle il y aurait, dans plusieurs quartiers de Bafoussam, des jeunes gens invités à faire du networking (travail en ligne, ndlr.) Or, « Derrière tout ça c’est du scam. C’est un détournement des jeunes. Tous les matins, ils crient on ne sait pourquoi. Mais quand vous constatez, ils n’ont même pas de quoi manger », expliquait-il à la presse, au mois de février.
Selon la chaîne camerounaise Canal 2 International, ces victimes, presque toutes originaires des régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, ont été recrutées moyennant un salaire qui oscille entre 50 000 et 200 000 FCFA avec en prime, une promesse de voyage aux USA.
Ce film est presque une copie malheureuse de l’interpellation, le jeudi 1er mai 2025 à Brazzaville pour des faits presque similaires, d’un gang de sujets Camerounais, Centrafricains et Rd Congolais qui pratiquaient un trafic transfrontalier d’êtres humains qui devaient vendre des produits ‘’Bio-dis’’ et ‘’Trident’’ contre une caution de 700 000 FCFA, mais au bout du compte un voyage au pays de ‘‘l’Oncle Trump’’.
Ces criminels avaient séquestré une soixantaine de personnes ressortissantes des pays d’origine des trafiquants, pour faire du networking avec la possibilité de voyage aux USA. Leur réseau a été démantelé grâce à la perspicacité de la gendarmerie Congolaise.
« Plus de 60 personnes constituées de sujets centrafricains, Rd Congolais et Camerounais étaient séquestrés sans contact avec l’extérieur dans 3 maisons après avoir été piégées par de fausses promesses d’emploi », a révélé le colonel major Juldas Ollangué, commandant de la région de gendarmerie de Brazzaville.
L’officier supérieur de gendarmerie a précisé que « ces personnes sont victimes d’un réseau international de trafic des êtres humains organisé par des sujets camerounais, centrafricains et Rd Congolais qui utilisent les réseaux sociaux pour appâter et attirer leurs proies par de fausses promesses d’emploi. »
Le modus operandi semble similaire entre les deux organisations de malfaiteurs. Simple coïncidence ou parfaite illustration du fait que les opérations sont des tentacules d’une pieuvre qui se cacherait au Cameroun ? L’enquête en cours déterminera certainement les ramifications.
Images screenshot: 1-Le gouverneur de la région de l’Ouest du Cameroun, Augustine Awa Fonka 2,3,4- Les victimes du réseau de cyber-arnaque à Bafoussam au Cameroun

