Le gouvernement Congolais somme la société Metssa-Congo à débourser la somme de 10 millions de FCFA pour faire face aux soins d’urgences des personnes impactées par son activité dans le quartier Vindoulou à l’entrée Est de Pointe-Noire, a annoncé la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, lors d’une mission d’évaluation de l’impact sanitaire et environnementale de l’usine de recyclage des batteries et des plastiques.
Depuis quelques années, les populations dudit quartier se sont constituées en collectif pour dénoncer la pollution par les grandes quantités de fumées émanant de l’usine spécialisée dans la production des barres de plomb destinées à l’export.
Il y a un peu plus d’un an, des échantillons de sang prélevés sur 18 personnes vivant à proximité de l’usine, dont des enfants, ont révélé des concentrations de plomb nettement supérieures au seuil fixé par l’organisation mondiale de la santé (OMS) selon Samira Daoud, directrice du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale de l’ONG Amnesty International.
Cependant, l’entreprise affirme que les fumées émanant de son usine n’étaient pas toxiques et son avocat, maître André Bikindou, estime qu’il n’y a pas de preuves de la responsabilité de l’entreprise.
« Jusqu’à ce jour, nous ne sommes pas en mesure de pouvoir établir un lien de cause à effet entre l’activité de ma cliente, la société Metssa Congo, et les prétendus dommages que prétendent subir les riverains », avait lâché le bâtonnier de Pointe-Noire.
Le rapport d’Amnesty International, portant sur les activités de trois entreprises industrielles, a montré que Metssa Congo, filiale de la société indienne Metssa, n’avait réalisé aucune étude d’impact environnemental avant de s’installer en 2013, en violation de la législation congolaise. La société a pourtant affirmé avoir obtenu une licence en 2018 et un certificat de conformité environnementale en 2023 ; dix ans après le début de ses activités.
Selon le préfet du département de Pointe-Noire, Adam Dibouilou, qui accompagnait la ministre Arlette Soudan-Nonault, l’entreprise visée est en cours de délocalisation pour préserver la santé des populations.
Malheureusement, selon Amnesty International, la suspension provisoire demandée en avril 2024 par le juge des référés a été retoquée le 22 mai par la Cour suprême, au grand dam des riverains qui craignent pour leur santé car les résultats d’analyses parus le 5 septembre 2024 indiquent clairement la présence du plomb dans le sang des des personnes testées.
La présence du plomb dans le sang provoque des troubles irréversibles dont l’anémie, les troubles digestifs ou des atteintes du système nerveux, des encéphalopathies et neuropathies.
Au-delà de l’impact sur le sang, Mme Soudan-Nonault a constaté que les toitures des habitations environnantes ont été dégradées en raison de la chute de quantités massives de fumées toxiques.
En conséquence, Amnesty International exige qu’une enquête soit menée en urgence sur l’impact des activités de Metssa-Congo sur les droits des populations qui vivent à proximité de l’usine. Les résultats de cette enquête devraient ensuite être rendus publics et des mesures de réparation imposées au pollueur.
Alors que le Congo envisage de diversifier ses activités industrielles, Amnesty International suggère aux autorités de veiller à ce que les entreprises agissent de manière responsable, en respectant leurs obligations en matière d’environnement et de droits humains.
Depuis quelques années, de nombreuses sociétés étrangères s’installent légalement au Congo mais opèrent dans la désobéissance totale aux lois et règlements en vigueur en République du Congo notamment en ce qui concerne la pollution et la destruction des écosystèmes.
Le gouvernement Congolais devrait sévir ces hors-la-loi qui profitent de l’environnement des affaires du pays en détruisant et polluant l’environnement naturel et en abandonnant les victimes à leurs tristes sorts.
Photo DR / ACI : 1- La Ministre Arlete Soudan-Nonault 2-Une vue de l’usine de Metssa-Congo

